L’âme du lieu — Benjamin Parreira

Benjamin Parreira a grandi à Lyon, dans le quartier populaire de la Villette, où la rue faisait partie du quotidien : c’est là que son regard s’est construit, bien avant qu’il sache que ce qu’il photographiait portait un nom. Autodidacte, il a appris en pratiquant, en regardant des images et en échangeant avec des passionnés. Il travaille au Sony Alpha 200 et au Canon 1200D, et reste particulièrement attaché à son premier appareil. Il ne revendique pas de style : il déclenche quand quelque chose attire son regard, une façade, une personne, une lumière, et cherche en noir et blanc à capturer l’âme du lieu ou de l’instant. Il prépare Origine, une série consacrée aux endroits de Lyon qui lui sont chers.

On pose les questions à Benjamin…

Benjamin Parreira photographie la ville où il a grandi. Dans le quartier de la Villette, à Lyon, la rue était le décor ordinaire de ses journées, et c’est là que son regard s’est formé, longtemps avant qu’il mette un nom sur ce qu’il faisait.

Autodidacte, il a appris en pratiquant, en regardant des images et en échangeant avec des passionnés, sans suivre de formation. Il sort avec deux boîtiers, un Sony Alpha 200 et un Canon 1200D, et reste particulièrement attaché à son premier appareil.

Il ne revendique pas de style : il déclenche quand quelque chose l’arrête, une façade, une personne, une lumière, et cherche en noir et blanc l’âme du lieu ou de l’instant. Il photographie en faisant attention à ceux qui ne le souhaitent pas, et ne s’impose jamais. Son projet en cours, Origine, rassemble les endroits de Lyon qui lui sont chers, comme un retour aux sources.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Benjamin Parreira : Ayant grandi à Lyon, dans le quartier populaire de la Villette, la rue faisait partie de mon quotidien, et c’est dans cet environnement que mon regard s’est construit, bien avant que je découvre la photographie de rue.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Benjamin Parreira : En réalité, je faisais déjà des photos de rue sans le savoir, en captant les ambiances, les façades, les scènes du quotidien, les choses de la rue qui m’attiraient, sans savoir que ça portait ce nom. C’est venu naturellement, comme une façon de regarder et d’admirer la ville.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Benjamin Parreira : J’ai appris en pratiquant, en regardant des images, en échangeant avec des passionnés, mais sans suivre de formation formelle. C’est venu par la pratique, l’habitude et l’intuition.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Benjamin Parreira : J’utilise un Sony Alpha 200 avec un objectif 18-70 et, en second boîtier, un Canon 1200D avec des focales similaires.

Je travaille toujours avec mon premier appareil, j’y suis particulièrement attaché.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Benjamin Parreira : Je n’ai pas encore assez de matériel pour me permettre d’en avoir un préféré, alors je sors presque toujours avec les deux.

Pour l’instant, c’est mon petit duo de rue.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Benjamin Parreira : Je n’ai pas de style à proprement parler. Je déclenche simplement quand quelque chose attire mon regard, peu importe que ce soit une façade, une personne ou une lumière. En noir et blanc, je cherche surtout à capturer l’âme du lieu ou de l’instant, dans un cadre qui correspond à ma vision sur le moment.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Benjamin Parreira : Je m’inspire de beaucoup de photographes, mais pas seulement : pour être inspiré, il faut être curieux et chercher dans plein de domaines différents.

La rue a tellement d’artistes et de talents que les possibilités sont infinies.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Benjamin Parreira : Cette photo de mes deux filles, prises de dos pour qu’elles gardent une pose naturelle, l’une collée à l’autre face à cet horizon immense, avec un ciel envahi par cet énorme nuage de coton, rend l’instant calme et très intime.

J’aime cet arrêt sur image de cette grande sœur qui rassure la plus petite, inquiète de voir le ciel changer de forme.

Encore une fois un instant partagé, mais chacun à sa manière, comme si le ciel avait réussi à figer deux enfants sans rien faire.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Benjamin Parreira : Le plus grand défi, c’est de se laisser surprendre par son ressenti, de se laisser guider vers des instants où quelque chose m’interpelle, ces moments où je me dis : là, il y a une photo à faire.

On ne peut pas vraiment provoquer, il faut être attentif.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Benjamin Parreira : Je n’ai pas forcément d’expérience mémorable à raconter, mais je me souviens d’une fin d’après-midi où j’étais parti faire quelques photos.

Je suis tombé sur un bâtiment avec, en arrière-plan, de gros nuages blancs cotonneux qui donnaient vraiment l’impression d’un ciel de coton.

Au moment où je m’apprêtais à déclencher, une dame qui se trouvait derrière moi a spontanément fait remarquer que la photo serait sûrement jolie.

C’est amusant de partager, le temps d’un instant, la même attirance pour cette scène avec une inconnue, à une heure où la ville est en ébullition.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Benjamin Parreira : Je respecte la vie privée, je pratique la photographie en faisant attention à ne pas photographier ceux qui ne le souhaitent pas.

Au besoin, il vaut mieux communiquer sur le sujet avant ou après, selon le cas.

Mais il est important d’être respectueux et attentif aux personnes autour : je ne m’impose jamais.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Benjamin Parreira : Je n’ai jamais eu de situation délicate, et tant mieux.

Je pense que mon respect et ma façon d’aborder les gens aident à éviter les problèmes.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Benjamin Parreira : Je n’ai pas la prétention de donner des conseils. Simplement suivre son ressenti : peu importe le sujet, il faut aller découvrir des lieux et des personnes en restant ouvert.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Benjamin Parreira : Sortir, observer, essayer des points de vue différents, se laisser surprendre par son propre regard, son propre feeling.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Benjamin Parreira : Actuellement, je suis sur le projet Origine, une série qui rassemble des endroits de Lyon qui me sont chers, comme un retour aux sources.

Pour mes futurs objectifs, j’attends que les idées mûrissent et d’avoir du temps pour leur donner vie, étape par étape.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Benjamin Parreira : J’aimerais beaucoup avoir l’occasion de participer à des expositions ou de voir certaines de mes photos publiées.

C’est quelque chose qui me plairait et que j’aimerais concrétiser à l’avenir.