À la Rencontre de Rémy Capelle : L’Art de la Street Photography en France

Partez à la rencontre de Rémy Capelle, un photographe de rue passionné et membre actif de Street Photography France. Son parcours photographique, empreint de couleurs et d’émotions, nous offre une perspective unique sur la vie quotidienne à travers son objectif. Explorez ses astuces pour saisir des moments uniques, intégrer la couleur de manière harmonieuse et établir une connexion discrète avec ses sujets. Suivez cette interview pour une immersion dans la rue à la française et pour des conseils précieux destinés aux aspirants photographes en quête d’inspiration.

On pose les questions à Rémy…

Dans cette interview, Rémy Capelle partage avec nous son parcours photographique.

 

SPF : Pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant que photographe de rue et comment vous êtes devenu membre de Street Photography France ?

Rémy : Depuis mon adolescence je fais de la photo. Au début pour capturer des instants de vie en famille ou entre amis (cela me vient de ma mère qui a toujours un appareil à proximité pour les souvenirs de famille).

En 2008, j’ai fait l’acquisition de mon 1er reflex pour un voyage à Venise… que j’ai vu à travers l’objectif uniquement.

Instinctivement, je me suis mis à photographier ce (et ceux) qui m’entoure. Mon idée est de capturer des instants de vie, pas que des monuments ou des paysages « vides ».

Petit à petit, à force de lecture, d’échanges avec d’autres photographes et de recherche sur la streetphotography, je me suis aperçu que je pouvais aller plus loin.

En partageant mes photos, en regardant ce que les autres artistes font, j’ai trouvé de l’inspiration et des conseils.

Rejoindre Street Photography France… une évidence pour quelqu’un qui cherche de l’inspiration, de la critique et donc à faire évoluer sa vision de la rue mais aussi à partager sa vision et la confronter à d’autres. Le tout dans la bienveillance.

SPF : Votre travail se caractérise par la capture de moments différents dans la rue. Comment définiriez-vous un « moment différent » et qu’est-ce qui vous pousse à le photographier ?

Rémy : Ce qui me pousse à déclencher c’est la conjonction d’un personnage, d’une attitude et de l’environnement autour : des couleurs, des motifs, des regards (surtout avec les affichages à notre disposition en ville).

Le moment différent c’est celui où mon œil décèle le lien entre le personnage et ce qui l’entoure (sa tenue et les couleurs de la rue, son attitude par rapport à celle de la publicité juste en face, …).

J’aime raconter une histoire ou amener à imaginer l’histoire.

SPF : La couleur semble jouer un rôle central dans votre photographie. Comment choisissez-vous les palettes de couleurs et comment parvenez-vous à les intégrer de manière harmonieuse dans vos images ?

Rémy : Depuis le début je travaille en couleur et il est vrai que mon œil est attiré par les oppositions de couleurs. Je suis né dans la ville rose, donc pour moi la couleur est une évidence.

Néanmoins, pour photographier avec un matériel plus léger je suis passé au ZFC de chez Nikon très récemment. Avec lui, je me suis mis au N&B, facilité par le format hybride qui permet de « voir en N&B ». Cela a beaucoup changé mon approche et j’avoue prendre du plaisir à travailler en N&B, bien que la couleur reste mon sujet de prédilection.

SPF : La photographie de rue implique souvent de photographier des personnes dans leur environnement quotidien. Comment établissez-vous une connexion avec vos sujets et obtenez-vous leur consentement pour les photographier ?

Rémy : Je ne me pose pas trop ces questions de consentement car je fais en sorte de ne pas prendre des moments désobligeants ou dégradants. Mon but est de capter un moment amusant, beau ou juste figuratif.

Il arrive souvent que les gens réagissent une fois la photo prise par un grand sourire dans l’espoir que je shoote à ce moment-là, mais la magie est déjà passée.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable où vous avez capturé un moment particulièrement unique ou inattendu dans la rue ? Comment cela s’est-il déroulé et quel en a été le résultat ?

Rémy : Dès que je le peux j’essaie de prendre des photos au travers des rétroviseurs des motos ou scooters. Cela permet de mettre plusieurs plans en opposition.

Un jour, une personne a cru que je regardais son scooter de près et a foncé sur moi en me demandant si il y avait un problème… Je ne suis pas chétif mais le bonhomme était solide.

Je lui ai montré la photo, il a rigolé (à cause de la situation ou de mes tremblements, j’en sais rien).

SPF : Votre travail semble capturer une grande variété d’émotions et de scènes. Comment parvenez-vous à rester discret tout en étant au bon endroit au bon moment pour saisir ces moments uniques ?

Rémy : La discrétion c’est le secret pas simple à tenir. En général je prends les situations qui se présentent à moi. En me voyant attendre le bon moment, les gens en oublient que je suis équipé d’un appareil photo, la plupart ne se doutent pas que je cherche à les mettre en lumière.

SPF : Comment choisissez-vous vos emplacements de prise de vue et quelles sont vos astuces pour repérer des endroits intéressants pour la photographie de rue ?

Rémy : En général, j’aime bien reconnaître les lieux avant. Soit en me promenant et en testant des angles soit en me documentant sur la ville, ses rues, ses couleurs.

Après je fais aussi un peu à l’instinct quand je passe devant une porte colorée, une affiche ou un coin de rue… je m’arrête et j’attends que la scène se construise ou pas.

SPF : Comment gérez-vous les réactions des personnes que vous photographiez, en particulier lorsqu’elles découvrent que vous les avez prises en photo ? Avez-vous des conseils pour minimiser les conflits potentiels ?

Rémy : Je pense que le plus simple est de sentir l’ambiance avant de shooter.

J’évite les moments de conflits ou de tension. Le plus simple reste de garder le sourire et de ne pas hésiter à montrer la photo aux personnes concernées.

Notre passion de la photo de rue est là pour témoigner d’un quotidien, pas pour être malveillante.

SPF : Pouvez-vous nous parler de l’influence de la culture française sur votre travail en photographie de rue ? Y a-t-il des aspects spécifiques de la vie française que vous aimez capturer ?

Rémy : Grandir à Toulouse, c’est vivre au milieu des marchés (Jeanne d’Arc, Carmes), des cafés, des supporters du Stade Toulousain.

Mon œil a été éduqué dans cet environnement.

Je cherche toujours les moments conviviaux autour d’un verre, au détour d’une rue (avec des briques rouges de préférence).

J’attache une grande importance à l’humain, à mettre les gens en valeur à travers mes photos. Un homme seul à une table de café, une bonne lumière et on est dans un film d’espionnage.

SPF : Envisagez-vous d’explorer d’autres styles ou thèmes dans votre photographie de rue à l’avenir, ou avez-vous des projets spécifiques en tête ?

Rémy : Ma photographie s’étoffe de jour en jour.

Je viens de découvrir le studio, et je dois avouer que ça ne me parlait pas… mais je pense que je vais tenter de choses vers ce domaine.

J’ai eu l’occasion de faire quelques mariages (toujours de magnifiques moments) ou de l’évènementiel (concerts, fêtes).

Je me surprends dans ces moments-là à faire de la photo de rue quand même… un invité du mariage, un spectateur, un artiste… il y a toujours une situation « streetphotographique » à capter…

SPF : Enfin, quel conseil donneriez-vous aux photographes aspirants qui souhaitent capturer des moments uniques et colorés dans la rue ?

Rémy : Essayer, essayer, essayer… et ne pas hésiter à demander des critiques car ça ne coûte rien.

On ne progresse jamais autant qu’en écoutant les critiques de personnes avisées.

C’est ce que je suis venu chercher dans la communauté de Street Photography France… un groupe de connaisseurs prêts à critiquer, conseiller, accompagner et surtout partager.

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