À la Rencontre de Gabrielle Cognacq : Une Artiste de la Rue Révèle son Art Photographique

Street Photography France a eu le privilège de s’entretenir avec Gabrielle Cognacq, une photographe de rue passionnée, dont le parcours dans le monde de la photographie a été influencé par une mère tout aussi enthousiaste. Dans cette interview, Gabrielle partage son voyage, sa philosophie artistique et son expérience en tant que photographe de rue, qu’elle exerce à la fois localement et lors de ses voyages. De la capture de moments spontanés à la gestion des aspects éthiques de la photographie de rue, elle nous livre un aperçu fascinant de son art. Découvrez comment Gabrielle explore l’interaction entre la couleur et le noir et blanc pour donner vie à ses récits visuels, ainsi que les inspirations qui l’ont poussée à se lancer dans cette forme d’art unique. Cette interview révèle également les expériences mémorables de Gabrielle et son point de vue sur l’avenir de la photographie de rue à l’ère numérique. Enfin, elle partage des conseils précieux pour les photographes amateurs désireux de se lancer dans la street photography et de développer leur propre style.

On pose les questions à Gabrielle…

Dans cette interview, Gabrielle Cognacq partage avec nous son parcours photographique.

 

SPF : Pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant que photographe de rue et de ce qui vous a inspiré à vous lancer dans cette forme d’art ?

Gabrielle : Ma mère est une grande amatrice de photographie et a su me transmettre sa passion. J’ai reçu mon premier appareil vers l’âge de 15 ans et ai commencé doucement à prendre des photos mais cela ne fait que peu de temps que je me suis mise à la photographie plus sérieusement en regardant des tutoriels sur internet. J’habite en ville et la photographie de rue est donc devenue assez naturellement celle que je pouvais pratiquer le plus facilement. Au fur et à mesure de mes expériences, je me suis rendu compte que c’est ce qui m’inspire le plus mais j’ai encore envie d’explorer d’autres genres.

SPF : Vous réalisez des photographies en couleur et en noir et blanc. Quels sont les facteurs qui influencent votre choix entre ces deux styles et comment cela affecte-t-il votre narration photographique ?

Gabrielle : Je trouve que l’aspect noir et blanc apporte davantage de poésie et permet de mieux accentuer les éléments importants de la composition. Comme si se débarrasser des couleurs permettrait d’effacer les détails superflus et de se concentrer sur le sujet en lui-même. En revanche, je trouve que cela peut enlever à la réalité de la scène et casser le dynamisme de la photo parfois. Je préfère donc garder en couleur les clichés que je veux plus pêchus et/ou le plus authentiques possible. D’un point de vue purement esthétique, jouer sur les formes géométriques et les couleurs peut permettre d’ajouter un aspect très graphique à la photo qui me plaît. Cela dépend vraiment du sujet.

SPF : Vous photographiez à la fois des scènes de rue locales et en voyage. Comment ces deux environnements différents influencent-ils votre approche et votre créativité en photographie de rue ?

Gabrielle : Je ne pense pas qu’il y ait de grande différence mise à part peut-être que je prends plus de photographies en voyage car j’ai tendance à être plus inspirée par la nouveauté de l’élément dans lequel je me trouve. Même si j’anticipe parfois certaines prises de vue lorsque je me promène dans un lieu que je connais (et où je connais donc les jolies rues, les éléments graphiques qui me plaisent etc), j’essaye d’observer avec un œil nouveau les endroits qui me sont déjà familiers. Il n’y rien de plus inspirant que de se perdre dans une ville, ce sont souvent les moments les plus inattendus qui rendent les meilleurs clichés.

SPF : La photographie de rue nécessite souvent la capture de moments spontanés. Comment préparez-vous votre équipement et vous-mêmes pour être prête à saisir ces instants fugaces ?

Gabrielle : Je n’ai pas encore l’équipement optimal pour la photographie de rue et utilise un objectif 70-300mm sur mon Canon. La plupart du temps, je reste en 70mm mais c’est extrêmement frustrant lorsque je veux capturer toute une scène et inclure des éléments plus larges. Je me promène donc toujours aussi avec un vieil argentique compact à portée de main qui me permet de faire du 40mm quand je recherche un plus grand angle.

SPF : Avez-vous des expériences mémorables en photographie de rue que vous pourriez partager ?

Gabrielle : J’étais à Oxford en Angleterre en plein hiver. J’avais trouvé la motivation de sortir prendre des photos malgré le froid. J’étais inspirée par la tombée de la nuit et un brouillard dense. Je me suis arrêtée devant une barber shop un peu vintage dont émanait une ambiance cocoon avec une lumière chaude et les vitres embuées de condensation. Je prends quelques clichés et me rends compte en les regardant sur mon écran que le propriétaire posait derrière la porte d’entrée en faisant l’idiot. Je suis donc rentrée dans la boutique pour le saluer et lui montrer les quelques photos que j’avais prises. Il était ravi et m’a fait rencontrer toute l’équipe. Nous avons échangé nos contacts et je leur ai envoyé les photos par mail. C’était un moment assez amusant, j’étais touchée de leur bienveillance et de leur accueil.

SPF : Comment ces expériences ont-elles influencé votre travail ou votre perspective artistique ?

Gabrielle : C’est depuis cette rencontre avec l’équipe des Jericho Barbers à Oxford, que j’ose davantage prendre des photos d’inconnus dans la rue. J’étais très intimidée au départ, mais cette expérience si positive m’a donné confiance.

SPF : En tant que photographe de rue, comment gérez-vous les aspects éthiques liés à la vie privée des personnes que vous photographiez, notamment en voyage ?

Gabrielle : Je trouve que c’est simplement du bon sens. Je me mets à la place du sujet et si je n’aimerais pas que quelqu’un me photographie dans ce contexte, je ne le fais pas. En revanche, je trouve que certaines situations sont plus complexes : pour les enfants par exemple, je préfère demander l’autorisation aux adultes qui les accompagnent. Mon approche est la même en voyage, sauf si la scène inclue des traditions particulières ou que je ne suis pas sûre des valeurs culturelles du lieu où je me trouve. Dans ces cas-là, je demande toujours l’autorisation d’abord afin de ne pas offenser ou manquer de respect involontairement.

SPF : Pouvez-vous nous parler d’un projet ou d’une série de photographies qui a une signification particulière pour vous et nous expliquer ce qui le rend spécial ?

Gabrielle : Ce serait ma série de portraits pris à Safisha Africa School, une école dans laquelle j’ai travaillé pendant un mois en tant que volontaire à Nairobi, Kenya. Ce sont les premières photos dont j’ai réellement été fière et qui m’ont vraiment donné envie de poursuivre la photographie. Au-delà de ça, cette série me tient beaucoup à cœur puisqu’elle me rappelle cette expérience un peu folle que j’ai faite assez jeune et qui a été une aventure humaine incroyable. Elles ont donc une grande valeur sentimentale pour moi.

SPF : Comment percevez-vous l’avenir de la photographie de rue à l’ère numérique ? Y a-t-il des tendances ou des évolutions que vous observez dans le domaine de la street photography ?

Gabrielle : Je me rends de plus en plus compte de la place grandissante de l’intelligence artificielle dans le monde de la photographie. Encore une fois, je ne suis encore qu’une novice mais pour moi, l’essence même de la photographie est de capturer la poésie du monde réel. Une photo montée de toute pièce sur ordinateur me parle moins.

SPF : Quels conseils ou astuces professionnels donneriez-vous aux photographes amateurs qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue et développer leur propre style ?

Gabrielle : Je pense qu’il ne faut se donner aucune règle et faire vraiment ce qui nous parle à nous. En tous les cas, il n’y a que comme ça que j’arrive à faire quelque chose qui me plaise.

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