À la Croisée des Rues : L’Art de Séverine Hourdry, Street Photographer
Entrez dans l’univers fascinant de Séverine Hourdry, une street photographer qui a trouvé sa voix au sein de Street Photography France. Dans cette interview, explorez les raisons qui l’ont attirée vers la photographie de rue et comment cette passion a évolué. Découvrez comment elle capture des moments uniques et dévoile la mélancolie subtile du noir et blanc dans ses images. Membre engagée de la communauté, elle partage ses réflexions sur la spontanéité, l’émotion et l’authenticité qui transparaissent dans ses photographies.
On pose les questions à Séverine…
Dans cette interview, Séverine Hourdry partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Qu’est-ce qui vous a initialement attiré vers la photographie de rue et comment cette passion a-t-elle évolué au fil des ans ?
Séverine : J’aime la photo de rue pour l’imprévu qu’elle contient. On ne sait jamais quelle scène, quelle personne on va rencontrer et ce côté incertain est très addictif. Marcher au hasard des rues sans rien attendre de bien précis rend ma pratique vibrante et passionnante.
SPF : La photographie de rue implique souvent de capturer des moments spontanés et fugaces. Comment parvenez-vous à saisir ces instants uniques dans votre travail ?
Séverine : Il s’agit souvent de suivre une envie, une sorte d’instinct qui me mènent à certains endroits que je connais fort bien ou que je découvre totalement. Multiplier sans compter les prises de vue, aller chercher des scènes intéressantes dans un cadre qui me séduit, voilà ce qui me permet de saisir des moments qui me touchent.
SPF : Votre préférence pour la photographie en noir et blanc apporte une dimension mélancolique à vos images. Comment choisissez-vous les scènes qui se prêtent le mieux à ce style artistique ?
Séverine : Ma préférence pour la photographie en noir et blanc n’est pas aussi tranchée que cela pourrait paraître, mais il est vrai qu’il se dégage une sorte de mélancolie sublime et poétique des images en noir et blanc. Je les aime contrastées mais il m’arrive aussi parfois de choisir la douceur des tons de gris pour exprimer une sorte de mélancolie, de « vague à l’âme ». Il s’agit souvent de scènes où l’interaction et la rencontre ont une force particulière et signifiante.
SPF : En tant que membre de Street Photography France, comment cette communauté a-t-elle influencé votre travail et votre approche de la photographie de rue ?
Séverine : Je suis membre de Street Photography France depuis peu mais j’y trouve déjà une communauté enrichissante et passionnante. La diversité de nos approches est un véritable trésor à cultiver sur le long terme. Les échanges ouvrent des horizons.
SPF : La rue est un environnement en perpétuel mouvement. Comment parvenez-vous à établir une connexion avec vos sujets tout en capturant l’énergie et le dynamisme de la vie urbaine ?
Séverine : Je ne cherche pas forcément à établir une connexion avec mes sujets car j’aime la spontanéité des scènes que je découvre, les émotions brutes présentes dans les gestes, postures et les visages. Il m’arrive aussi d’entrer en relation dans un second temps, j’apprivoise ainsi une certaine timidité teintée de peur et parfois le miracle de la rencontre s’accomplit.
SPF : Certaines personnes peuvent se sentir gênées ou méfiantes face à l’objectif d’un appareil photo. Comment abordez-vous ces situations pour obtenir des portraits authentiques ?
Séverine : Face à la gêne ou à la méfiance, je n’hésite pratiquement jamais à déclencher. Je préfère déclencher dans un premier temps et échanger ensuite. Je n’hésite pas non plus à tenter le dialogue sur les peurs éventuelles suscitées par un « portrait volé ».
SPF : Vos photographies semblent raconter des histoires captivantes sur la vie quotidienne des gens. Comment choisissez-vous les moments qui méritent d’être racontés à travers vos images ?
Séverine : Je ne choisis pas les moments à raconter. Ils s’imposent à posteriori, les histoires se racontent souvent ensuite, lorsque je redécouvre les scènes saisies.
SPF : La mélancolie dans vos photos peut évoquer diverses émotions chez les spectateurs. Quel effet espérez-vous susciter chez ceux qui regardent votre travail ?
Séverine : Je réalise que la mélancolie suscitée par certaines des scènes saisies peut s’imprimer sur la surface plane de mes photographies. J’espère ardemment qu’elle puisse être perçue par les yeux et le cœur de ceux qui découvrent mes photos. J’espère aussi que ces scènes émeuvent tout simplement et font réfléchir à ce qui fait de nous des humains. Derrière nos écrans, dans la rue, nous perdons un peu de cette humanité.
SPF : Les techniques et les technologies évoluent constamment dans le domaine de la photographie. Comment trouvez-vous l’équilibre entre l’utilisation de ces nouvelles ressources et le maintien de votre style artistique distinctif ?
Séverine : En ce qui concerne les techniques et technologies, je n’y recours que pour le post-traitement mais de façon très mesurée. Je tiens beaucoup à conserver le contenu de la scène initiale. Je travaille essentiellement le cadrage, la colorimétrie et le contraste. Je reste persuadée que saisir le vrai au plus proche est bien plus touchant que de tenter de construire une photographie artificielle. Voilà pourquoi les nouvelles technologies m’intéressent peu et ne me font pas peur : jamais on ne volera l’authenticité et l’humanité qui peuvent transpirer de certaines scènes.
SPF : En photographie de rue, chaque coin de rue peut révéler quelque chose d’inattendu. Pouvez-vous partager une expérience où vous avez été surpris par ce que vous avez découvert en prenant une photo ?
Séverine : Il m’est arrivé d’être attirée par des couleurs, une ambiance et d’avancer vers ce cadre sans me méfier d’une réaction violente de la part des personnes qui s’y trouvaient. Le dialogue n’a pu être instauré, je suis partie sans photo, la peur au ventre et le cœur triste. Mais ces évènements se font vite oublier lorsqu’une scène intéressante et touchante s’offre à nouveau à moi.
SPF : Le contraste entre la spontanéité des scènes de rue et le processus souvent réfléchi de composition photographique peut être intéressant. Comment trouvez-vous cet équilibre entre spontanéité et composition dans votre travail ?
Séverine : J’utilise deux approches différentes dans la réalisation de mes photographies. Je peux choisir un cadre et attendre la scène, et je peux aussi aller au contact d’un coin de rue juste parce qu’il s’y passe quelque chose ou parce que je ressens le lieu de façon positive.
SPF : Outre la mélancolie, y a-t-il d’autres thèmes ou émotions que vous aimeriez explorer davantage dans votre photographie de rue à l’avenir ?
Séverine : La vision mélancolique qui est la mienne fait partie de ma personnalité et de mon identité. J’aimerais aussi susciter une sorte de joie simple, d’émotion pure par l’humanité que je travaille à sublimer dans mes images.

