Tom Stein : Images à hauteur d’humain
On pose les questions à Tom …
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Tom Stein : Je suis depuis toujours un amateur d’observations dans mon environnement. Celles-ci ne servent pas à contrôler les gens, mais j’aime découvrir des scènes et des situations extraordinaires qui resteraient autrement invisibles dans la vie quotidienne. Pour donner vie à ces scènes, la photographie de rue s’est avérée être le média idéal.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Tom Stein : Je photographie dans la rue depuis que je possède un appareil photo. Cependant, au cours des quatre dernières années, j’ai intensifié cette activité et je m’y suis plus ou moins spécialisé.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Tom Stein : Bien que j’aie suivi des cours de photographie il y a trente ans, je me considère plutôt comme un autodidacte. J’utilise une Canon R5 avec les objectifs RF 14-35, RF 28-70 et RF 70-200, des trépieds pour les diverses situations, et bien sûr une sacoche avec tout le nécessaire pour survivre. 😉
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Tom Stein : Je commence chaque randonnée avec le RF 70-200. C’est mon préféré.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Tom Stein : Il m’est difficile de déterminer un style unique. D’un côté, j’essaie d’associer des personnes ou des silhouettes à des bâtiments graphiquement intéressants. De l’autre, j’aime aussi capter les petites scènes du quotidien.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Tom Stein : Grand fan de Saul Leiter, Bruce Gilden, Henri Cartier-Bresson… et bien d’autres, notamment parmi les membres d’honneur de la SPF.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Tom Stein : « Peek-a-Boo ». Un cliché pris à Cologne me réjouit particulièrement. Ma femme visitait une boutique, et je l’attendais devant. Deux grandes peluches représentant des personnages de mon enfance — le petit éléphant bleu de Die Sendung mit der Maus et la petite taupe Krteček — étaient installées en vitrine. Un homme passe, se retourne et croise le regard de l’éléphant, tandis que la taupe semble attendre. Une photo prise par hasard, mais pleine de tendresse.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Tom Stein : Le plus grand défi, c’est le temps. Je travaille 40 heures par semaine et j’ai une famille. Je me retrouve souvent dans la rue au petit matin, avant d’aller travailler.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Tom Stein : Pendant les vacances de la Pentecôte 2023 à Nyons, j’ai photographié une accordéoniste âgée sur la place Joseph Buffaven. Devant elle, des enfants assis, à ses genoux, deux marionnettes dansantes. Une scène pleine de poésie. De retour chez moi, j’ai publié l’image, et on m’a proposé de participer au concours Perceptions de l’Âge. Il me fallait son autorisation, mais je ne la connaissais pas.
Après de nombreuses recherches, c’est un libraire local qui, au bout de trois semaines, a réussi à la retrouver. Elle a accepté avec joie, à condition de recevoir un tirage. Je le lui ai envoyé encadré. Elle n’a pas gagné, mais la photo a été sélectionnée pour une exposition itinérante. Une très belle aventure humaine.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Tom Stein : Je suis attentif à respecter certaines règles. En général, les personnes que je photographie ne sont pas reconnaissables. Et si elles le sont, je m’assure qu’elles ne soient jamais montrées dans une situation dégradante.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Tom Stein : Oui, notamment avec un mendiant qui ne voulait pas que je photographie son chien. Il a réagi avec agressivité, m’a demandé de supprimer la photo. Je n’ai pas insisté et j’ai préféré partir calmement. Mieux vaut toujours rester respectueux.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Tom Stein : Prévoir beaucoup de temps et faire preuve de persévérance. La régularité est la clé.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Tom Stein : Il n’y a pas de recette. Chaque sortie est différente. Le plus important, c’est de sortir, photographier, et apprendre de ses erreurs, même sans obtenir « la bonne photo ».
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Tom Stein : Je travaille actuellement à la création de mon propre site internet. Il rassemblera mes images préférées, par thèmes, avec de petits diaporamas accompagnés de ma propre musique.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Tom Stein : Pas pour l’instant, mais j’aimerais beaucoup.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Tom Stein : En cherchant parfois des groupes sur Facebook pour partager mes photos.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Tom Stein : Comprendre les approches personnelles de chacun, pouvoir expliquer la mienne et échanger dans une atmosphère bienveillante.
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Tom Stein : Pour l’instant, je prends le temps de bien connaître la page. Si une idée me vient, je n’hésiterai pas à contacter les responsables.

