Marco Parenti : L’instant décisif, version moderne

Dans un monde saturé d’images, où tout semble déjà photographié, comment capter l’essence fugace de la rue ? La photographie de rue est un jeu d’équilibre entre anticipation et spontanéité, une quête du moment parfait où le hasard et la composition s’accordent en une fraction de seconde.

Marco Parenti s’inscrit dans cette tradition avec une approche singulière, mêlant intuition et exigence technique. Photographe autodidacte, il navigue entre observation patiente et réactions instantanées pour capturer des scènes où l’ordinaire se teinte d’humour, d’ironie ou de poésie. Inspiré par les maîtres du genre mais toujours en quête de sa propre vision, il nous livre ici son parcours, ses réflexions et sa manière d’explorer la ville, un appareil photo en main et l’œil toujours en alerte.

On pose les questions à Marco …

Dans cette interview, Marco Parenti partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Marco Parenti : À travers les photos publiées sur les réseaux sociaux et en lisant les commentaires des auteurs, notamment de certains dont j’avais entendu parler. Puis j’ai commencé à acheter des livres, à écouter des interviews sur YouTube et à visiter des expositions.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Marco Parenti : Consciencieusement, je dirais depuis une dizaine d’années. Mais j’ai des photos prises dans les années 70 qui entreraient sans aucun doute dans la photographie de rue, sans que je sache alors que cela existait.

SPF : Avez-vous suivi une formation formelle en photographie ou êtes-vous autodidacte ?
Marco Parenti : Je suis un photographe autodidacte, mais au fil des années, j’ai suivi plusieurs ateliers sous la direction de photographes de rue expérimentés. Je pense que c’est un bon moyen d’apprendre et d’obtenir des critiques utiles pour améliorer sa propre façon de photographier.

SPF : Quel équipement utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Marco Parenti : Actuellement, j’utilise principalement un Leica Q2 équipé d’un objectif fixe de 28 mm. Pour les portraits de rue spontanés en gros plan, j’utilise un Leica SL-2 avec un objectif de 50 mm. Plus récemment, j’ai essayé d’utiliser un flash en journée ou de nuit. Dans ce cas, j’utilise un Fujifilm X-T2 connecté via un câble à un flash réglé en mode manuel.

SPF : Avez-vous une configuration préférée pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Marco Parenti : Ma configuration préférée repose sur le Leica Q2, un appareil très maniable et silencieux, avec une mise au point automatique très rapide. Je photographie toujours en mode manuel, en utilisant une ouverture de f/8 ou plus fermée et une vitesse d’obturation de 1/250 ou plus rapide.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Marco Parenti : Je ne pense pas avoir un style défini. Je prends uniquement des photos spontanées. Je crois que la photographie de rue doit être non posée, même si je sais que certains ne seront pas d’accord avec cela. Je recherche toujours ce qui est curieux et, si possible, humoristique dans la vie de la rue. Faire sourire les gens en regardant mes photos est pour moi une grande satisfaction personnelle.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Marco Parenti : Il y en a beaucoup : Henri Cartier-Bresson, Elliot Erwitt, William Eggleston, Joel Meyerowitz, Harry Gruyaert, Vivian Maier, Alex Webb, pour n’en citer que quelques-uns.

SPF : Pouvez-vous partager l’une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Marco Parenti : L’une de mes premières photos de rue prises en pleine conscience représente une fille et son chien, leurs profils presque parfaitement superposés, donnant l’impression d’une seule entité. Cela rappelle un cliché très célèbre d’Elliot Erwitt où un bouledogue est assis devant le visage d’un homme. L’idée est plus ou moins la même, avec tout le respect dû à un maître comme lui. J’ai pris cette photo avec un téléobjectif, ce que je ne ferais plus aujourd’hui.

SPF : Quels défis rencontrez-vous dans la pratique de la photographie de rue ?
Marco Parenti : Évidemment, le principal défi est de s’approcher suffisamment des gens sans être remarqué. Je suis une personne très timide et cela devient parfois un obstacle insurmontable, même si j’ai remarqué qu’avec le temps, ce problème s’est atténué un peu. Mais je me sens toujours plus à l’aise dans un environnement où les gens n’objectent pas à être photographiés, comme lors de certains événements ou festivals.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable vécue en pratiquant la photographie de rue ?
Marco Parenti : Rien dont je me souvienne.

SPF : Comment gérez-vous les questions éthiques liées à la photographie de rue, en particulier concernant la vie privée de vos sujets ?
Marco Parenti : J’essaie de ne pas me faire repérer. C’est facile dans certaines situations, mais impossible dans d’autres. Bien sûr, j’évite de photographier des enfants sans le consentement d’un adulte, ainsi que les sans-abris ou les personnes en détresse.

SPF : Avez-vous déjà rencontré des situations difficiles en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Marco Parenti : Je n’ai jamais été sévèrement confronté par quelqu’un en prenant des photos spontanées. Très rarement, une personne m’a surpris en train de la photographier et m’a demandé de supprimer l’image, ce que j’ai fait sans aucune discussion.

SPF : Quel conseil donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Marco Parenti : Je les encouragerais à se lancer, car je pense que c’est la manière la plus gratifiante de pratiquer la photographie. Mais je crois aussi que c’est la plus difficile si l’on veut obtenir des images qui sortent de l’ordinaire. Malheureusement, de nos jours, le comportement des gens est tellement stéréotypé qu’il est très rare de capturer des instants vraiment uniques dans la rue. Il devient donc presque nécessaire de composer l’image en plusieurs plans, de manière à ce que les interactions entre différents individus dans le cadre deviennent l’intérêt principal de la photo, et non les sujets pris isolément. C’est une approche très difficile à maîtriser, qui demande du temps et de la pratique. Mais cela en vaut la peine.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Marco Parenti : Malheureusement non, si j’en avais, je les appliquerais moi-même. Beaucoup disent qu’il faut développer son propre style créatif. À ce stade, personnellement, cela me semble impossible, car tout ce qui me vient à l’esprit a déjà été fait par quelqu’un d’autre. Mais ma recherche continue.

SPF : Avez-vous des projets ou objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Marco Parenti : J’aimerais raconter des histoires à travers des séries de photos plutôt que des clichés uniques. Mais je dois encore trouver un sujet intéressant qui n’a pas déjà été traité. Peut-être que c’est impossible, je ne sais pas.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou publications à venir ?
Marco Parenti : Je suis toujours intéressé par des initiatives de qualité qui pourraient aider à faire connaître mon travail, que ce soit à travers des expositions ou des publications, et qui me permettraient de recevoir des retours constructifs.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Marco Parenti : J’ai commencé par suivre le compte Instagram et j’ai tout de suite apprécié le niveau très élevé des photos publiées par les membres.

SPF : Quels avantages trouvez-vous à faire partie de cette communauté ?
Marco Parenti : Quand je rejoins un groupe, je cherche toujours un échange d’idées et de projets enrichissant. J’aimerais vraiment pouvoir en discuter avec certains membres de SPF, et idéalement les rencontrer en personne, que ce soit dans ma ville, Milan, ou ailleurs. Une bonne opportunité serait de participer à des ateliers en petits groupes. J’en ai suivi plusieurs et je n’ai jamais été déçu, aussi bien sur le plan de l’apprentissage que des rencontres humaines. Leica Akademie organise d’excellents ateliers dans différentes régions d’Italie, et je suis sûr qu’il en existe aussi en France. SPF pourrait faire de même, ou peut-être le fait-il déjà.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté Street Photography France ?
Marco Parenti : Pas encore, je suis encore trop récent dans le groupe pour en avoir. Mais je reste attentif, et si une idée me vient à l’esprit, je ne manquerai pas de vous en faire part.

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