Le choix délicat entre noir et blanc et couleur : Ludovic Epivent, photographe de rue
Bienvenue dans cette fascinante interview avec Ludovic Epivent, un photographe passionné de la vie quotidienne et de la photographie de rue. À travers ses clichés, Ludovic capture des moments spontanés, figeant ainsi des instants précieux de l’environnement urbain. L’une des décisions cruciales qu’il doit prendre lors de son processus de création est de déterminer si une scène sera mieux rendue en noir et blanc ou en couleur. Mais comment Ludovic parvient-il à faire ce choix délicat ? Quels facteurs influencent sa décision entre ces deux styles distincts ?
Pour Ludovic, le choix entre le noir et blanc et la couleur se fait souvent lors du traitement de l’image, lui permettant ainsi de révéler l’intention qu’il souhaite partager. Habituellement, il capture ses images en couleur lors de ses déambulations « streetphotographiques ». Cependant, dans le cadre de projets spécifiques où il souhaite privilégier le noir et blanc, il programme son appareil en mode monochrome. Le noir et blanc lui permet d’accentuer le contraste et la composition des scènes, créant ainsi une atmosphère graphique. Ludovic se concentre sur les formes et les lignes, donnant ainsi à ses photos une esthétique classique et intemporelle. Parfois, certaines prises de vue en couleur semblent finalement plus intéressantes à traiter en noir et blanc pour renforcer l’aspect intemporel de la scène.
Pour Ludovic, le choix entre le noir et blanc et la couleur se fait souvent lors du traitement de l’image, lui permettant ainsi de révéler l’intention qu’il souhaite partager. Habituellement, il capture ses images en couleur lors de ses déambulations « streetphotographiques ». Cependant, dans le cadre de projets spécifiques où il souhaite privilégier le noir et blanc, il programme son appareil en mode monochrome. Le noir et blanc lui permet d’accentuer le contraste et la composition des scènes, créant ainsi une atmosphère graphique. Ludovic se concentre sur les formes et les lignes, donnant ainsi à ses photos une esthétique classique et intemporelle. Parfois, certaines prises de vue en couleur semblent finalement plus intéressantes à traiter en noir et blanc pour renforcer l’aspect intemporel de la scène.
On pose les questions à LUDOVIC…
Soyez prêt à vous immerger dans une expérience unique avec Ludovic Epivent, un artiste de la photographie qui possède le talent exceptionnel de figer l’éphémère et de transcender la beauté de la vie quotidienne à travers son objectif. Dans un monde en constante évolution, Ludovic capture des moments fugaces, des instants précieux qui échappent souvent à notre regard pressé. Il parvient à les saisir avec une sensibilité artistique unique, les transformant en véritables œuvres d’art visuelles.
SPF : En photographie de rue, vous capturez des moments spontanés de la vie quotidienne. Comment décidez-vous si une scène sera mieux rendue en noir et blanc ou en couleur ? Quels facteurs influencent votre choix entre ces deux styles ?
Ludovoic : Je me décide le plus souvent à postériori lors du traitement de l’image pour le rendu. Je shoote le plus souvent en couleurs au cours de mes déambulations « streetphotographiques ». Toutefois, dans le cadre de projets bien définis avec un parti pris noir et blanc, je programme mon appareil en mode monochrome. Le choix entre le noir et blanc et la couleur dépend de l’intention que je souhaite partager. Le noir et blanc m’aide à accentuer le contraste et la composition des scènes, en créant une atmosphère graphique. Je me concentre sur les formes et les lignes. Aussi, certaines prises de vue en couleurs me semblent finalement plus intéressantes à traiter en noir et blanc avec Lightroom pour renforcer l’aspect intemporel de la scène.
SPF : Le noir et blanc est souvent associé à une esthétique classique et intemporelle, tandis que la couleur peut apporter une dimension supplémentaire à une photographie. Comment utilisez-vous ces deux modes d’expression pour transmettre différentes émotions ou histoires dans vos images de rue ?
Ludovoic : Au-delà de l’aspect intemporel ou classique, j’aime la simplicité, la pureté et la dramaturgie qu’apporte le noir et blanc. Le noir et blanc se prête particulièrement au portrait studio que j’affectionne, loin de l’approche de la photo de rue.
Toutefois la couleur reste aujourd’hui ma principale production. La couleur me permet de transmettre l’énergie et l’ambiance dynamique des scènes de rue, en capturant les détails, les nuances et les contrastes.
SPF : En tant qu’abonné du magazine Street Photography France, quelles sont les tendances ou les évolutions que vous observez dans le domaine de la photographie de rue en France ? Y a-t-il des photographes en particulier qui vous inspirent ou qui influencent votre propre style ?
Ludovoic : Je suis adhérent récent à SPF et je compte bien m’inspirer des nombreux talents connus et inconnus qui font partie de cette communauté. J’espère pouvoir échanger et rencontrer d’autres passionnés pour, qui sait, bâtir des projets collectifs.
De nombreux photographes connus nourrissent ma pratique, entre autres : R Depardon, H. Cartier-Bresson, E. Erwitt, S. Leiter, E. Hofer, B. Abbott, A Gursky, B&H Becher, L. Friedlander, M. Riboud, M. Parr, A. Adams… et aussi plein de photographes anonymes, je pense notamment à la scène photographique niçoise qui accueille de grands talents aussi.
SPF : La photographie de rue est souvent associée à la capture de moments fugaces et à l’immersion dans l’environnement urbain. Comment parvenez-vous à saisir ces instants précieux dans vos photos ? Avez-vous une approche spécifique pour capter l’essence de la rue ?
Ludovoic : Pour saisir ces instants précieux dans mes photos de rue, je reste constamment attentif à mon environnement, l’appareil photo en main. J’utilise le mode AF mais je dois anticiper ma prise de vue car je travaille en manuel sur les autres paramètres. Instinct et anticipation demandent une grande concentration proche de la méditation !
En tirant le trait, mes déambulations se font dans état quasi-« hypnotique », moment où je suis mentalement et physiquement dédié au lieu et à ceux qui l’occupent. J’observe les scènes qui se déroulent devant moi, à l’affût des moments inattendus, drôles, grotesques, touchant ou surprenant. La clé pour moi est d’être réactif et prêt à déclencher rapidement lorsque je sens venir l’instant propice.
Je cherche à me fondre dans la foule, à devenir invisible, afin de capturer des moments authentiques sans perturber la scène. En ce qui concerne mon approche spécifique, j’adopte l’observation discrète. Je recherche des interactions humaines intéressantes, des expressions faciales captivantes ou des gestes suggestifs. Je suis également attiré par les contrastes visuels, les jeux de lumière et d’ombres, ainsi que les compositions graphiques pour construire l’impact visuel de mes photos.
SPF : En photographie de rue, l’utilisation de la couleur peut parfois apporter une dimension documentaire plus forte, en mettant en évidence des éléments contextuels tels que les vêtements, les enseignes ou la diversité culturelle. Comment équilibrez-vous cette dimension documentaire avec votre esthétique personnelle en noir et blanc ?
Ludovoic : Je n’aborde pas ma démarche photographique en la pensant sous l’angle documentaire, aujourd’hui par manque de temps. J’aimerai m’y consacrer quand je le pourrai. Cependant, quel que soit le parti pris couleur ou noir et blanc, une série photographique sur des lieux, des scènes de la vie courante, des portraits, … devient de facto un témoignage historique des réalités sociales ou culturelles d’une période que l’on peut penser comme du journalisme…. un peu comme Mr Jourdain faisant de la prose sans le savoir.
SPF : En tant que photographe de rue, vous devez souvent composer avec des situations imprévisibles et des sujets parfois réticents à être photographiés. Comment abordez-vous ces défis et parvenez-vous à capturer des images authentiques tout en respectant l’intimité des personnes que vous photographiez ?
Ludovoic : Il est important pour moi de respecter l’intimité des personnes que je photographie tout en cherchant à capturer des images authentiques. Pour relever ce défi, j’adopte une approche respectueuse, discrète ou délibérément ostensible. Je me pose souvent en « chasseur » et parfois en « pêcheur » photographe.
Tout d’abord, j’essaie d’être le plus discret possible. J’utilise un équipement léger et silencieux, qui me permet de passer inaperçu et de ne pas perturber la scène. Je privilégie les objectifs à focale fixe (28 mm) pour me rapprocher physiquement des sujets sans jamais utiliser de zoom. Il y a d’ailleurs débat sur l’utilisation du zoom dans la photographie de rue !
Pour les photos prises à la « volée » qui me permettent de capturer des moments spontanés et authentiques, je ne demande pas de consentement. Je veille toutefois à faire preuve de sensibilité et d’empathie envers les personnes que je photographie, en préservant leur intégrité.
Pour les photos « posées », le consentement est bien évidemment primordial. Pour instaurer la confiance, je montre mon compte IG avant de prendre une image. J’envoie systématiquement l’image au sujet et demande l’accord oral de diffuser sur les réseaux sociaux.
Enfin, je suis également attentif à l’environnement dans lequel je me trouve. Je choisis des lieux publics où la photographie est généralement acceptée et je suis conscient des règles et des lois locales concernant la photographie de rue.
SPF : Votre abonnement au magazine Street Photography France démontre votre passion pour ce genre. Comment cette publication a-t-elle influencé votre propre parcours artistique et votre approche de la photographie de rue ? Avez-vous découvert de nouvelles perspectives ou des conseils pratiques grâce à ce magazine ?
Ludovoic : Mon abonnement au magazine Street Photography France est tout récent. Je suis convaincu qu’il sera pour moi une source précieuse d’inspiration et d’enrichissement pour mon parcours en photographie de rue. Cette publication me permettra certainement de découvrir de nouveaux talents, de voir des travaux variés et de me tenir informé des tendances et des évolutions de ce domaine.
J’espère aussi glaner des conseils pratiques utiles, des articles sur la technique, la composition, la gestion des situations imprévisibles et les défis éthiques de la photographie de rue pour développer une approche plus réfléchie.
SPF : Certains photographes de rue se spécialisent dans un style ou une approche spécifique, tandis que d’autres explorent différents domaines et techniques. Qu’est-ce qui vous pousse à explorer à la fois le noir et blanc et la couleur dans votre travail ? Quelles sont les opportunités créatives que vous trouvez dans chaque mode d’expression ?
Ludovoic : Avec la couleur que j’utilise essentiellement, j’exploite la vivacité des contrastes pour mettre en valeur des éléments tels que les vêtements, les enseignes, les ombres, les outlines ou des détails. La couleur est capable de révéler les vibrations de la rue et de susciter des émotions spécifiques liées aux teintes et aux contrastes chromatiques.
Le noir et blanc me permet de mettre l’accent sur les formes, les lignes et les contrastes, renforçant l’aspect graphique de mes images. Le noir et blanc est également idéal pour susciter une émotion plus marquée. Il permet de simplifier l’image en éliminant les distractions de la couleur et de se concentrer sur l’essence même de la scène. Le noir et blanc est un mode d’expression qui me plait particulièrement dans un style photographique bien différent : le portrait studio.
SPF : En tant que photographe de rue, vous observez et documentez souvent la vie des autres. Comment cela a-t-il influencé votre propre vision du monde et votre compréhension de la société ? Avez-vous des moments mémorables où votre travail a eu un impact ou a suscité une réflexion plus profonde chez les spectateurs ?
Ludovoic : Mon approche photographique nourrit ma vision du monde qui m’entoure. En alerte lorsque je déambule, je suis attentif, à l’écoute, observateur et, en quelque sorte, documentaliste involontaire du quotidien de la rue, avec pour terrain de jeu principal, la Promenade des Anglais à Nice, ma ville.
En figeant l’instant, en étant simple observateur hypnotique de ces moments fugaces, je tente de retranscrire la mélodie de l’instant que m’imposent les battements et les silences du lieu choisi.
Bien entendu cela fait sens qu’à partir du moment où les photos que je prends dans mon intimité, mon amateurisme, sont vues, partagées et commentées. C’est pourquoi le tirage photo est essentiel pour donner vie à mes intentions.
Le pari est pour moi gagné lorsqu’une personne me témoigne son émotion ou son intérêt sur une image dont je suis l’auteur.
SPF : Quels sont vos projets futurs en tant que photographe de rue ? Y a-t-il des sujets ou des thématiques spécifiques que vous souhaitez explorer davantage ? Pensez-vous que votre travail évoluera davantage vers l’un des styles (noir et blanc ou couleur) ou continuerez-vous à les combiner de manière équilibrée ?
Ludovoic : Un aspect que je souhaite explorer davantage est la recherche du mouvement dans mes photographies de rue. Je suis intéressé par la manière dont le mouvement peut ajouter de la vie et de l’énergie à une scène. Les cyclistes, les skaters, les joggers et les marcheurs sont autant de sujets d’’intérêt pour moi. Je vais continuer à expérimenter différentes techniques, telles que la photographie en pose longue ou la capture du mouvement des sujets dans des environnements urbains animés ou calmes, bondé ou dépeuplé.
En ce qui concerne le choix entre le noir et blanc et la couleur, je continuerai à utiliser ces deux styles en fonction de la scène, de l’histoire que je veux raconter et de l’émotion que je souhaite transmettre.
