Franck Lamamra : Laisser surgir le monde, sans le contraindre

Chez Franck Lamamra, la photographie de rue naît moins d’une intention que d’une disponibilité. Une attention portée aux détails, aux surgissements imprévus, à ces gestes infimes qui donnent soudain corps à l’espace. Son regard ne cherche pas à imposer un style, mais à laisser émerger ce que les images ont à dire, une fois le temps de la prise passé.

Membre de SPF, il construit une pratique sensible, nourrie autant par la photographie que par la peinture, le dessin et le cinéma. Loin de toute performance, son travail repose sur une justesse fragile, intimement liée à l’état intérieur du photographe : être présent, ouvert, prêt à accueillir ce qui advient — ou accepter que rien ne se passe.

Entre poésie visuelle, narration silencieuse et projets en devenir, notamment autour du Japon et de l’édition, Franck Lamamra poursuit une démarche où la photographie devient un espace de résonance. Un lieu où l’on s’oublie un peu, pour mieux laisser le monde apparaître.

On pose les questions à Franck …

Dans cette interview, Franck Lamamra partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Franck Lamamra : J’ai découvert ce type de photographie totalement par hasard. Je suis tombé sur le travail de Siegfried Hansen en cherchant des vidéos sur la technique en photographie et j’ai beaucoup apprécié l’aspect graphique de ses images et son humour parfois.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Franck Lamamra : Cela doit faire une dizaine d’années maintenant.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Franck Lamamra : J’ai appris tout seul, en faisant des photos, en lisant des livres et en m’intéressant à la peinture, au dessin.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue ?
Franck Lamamra : J’aime bien mon Xpro2 avec un 23 ou un 33mm. J’essaie de rester simple et de sortir régulièrement surtout.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Franck Lamamra : Le Xpro2 pour sa discrétion et sa facilité d’utilisation.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Franck Lamamra : Je ne suis pas sûr de vouloir me ranger dans un style… Je me laisse porter par mon humeur du moment et ce n’est que plus tard, en regardant les sessions que les évidences apparaissent ou pas. Je suis plus sensible à ce que disent les photos, à leur justesse.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Franck Lamamra : Bien sûr ! Henri Cartier-Bresson, Martin Parr, Shomei Tomatsu par exemple.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Franck Lamamra : J’adore cette photo car le personnage principal a littéralement surgi et improvisé cette petite chorégraphie lorsqu’il m’a surpris presque dans l’ombre, près du sol… j’attendais quelque chose pour magnifier l’ambiance créée par cette lumière spéciale, j’ai été récompensé par cette petite danse !

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Franck Lamamra : Je ne perçois pas de contraintes autres que l’inspiration du moment, qui parfois n’est pas satisfaisante. Elle est totalement liée pour moi à l’envie de sortir et d’être entièrement ouvert et présent. Parfois cette disposition du regard est absente et la justesse des photos s’en ressent.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable vécue en photographie de rue ?
Franck Lamamra : En photographiant un chien, j’ai senti une présence dans mon dos se rapprocher. C’était un autre chien qui est venu déposer son museau sur mon épaule. J’aime ce genre d’événement pour toute la symbolique qu’elle offre.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue ?
Franck Lamamra : Dès que quelqu’un est très identifiable ou lorsqu’il s’agit d’enfants, je vais toujours montrer la photo aux personnes concernées. Je respecte totalement leur envie ou non d’être photographiées.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue ?
Franck Lamamra : Pour l’instant, je n’ai jamais eu de problème dans la rue !

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants ?
Franck Lamamra : Je pense qu’il faut s’oublier un petit peu… Se concentrer sur l’extérieur, totalement sur les détails, cela permet de réduire une conscience trop aiguë de soi s’il y a de la timidité au départ ou de la gêne.

SPF : Comment développer sa créativité en photographie de rue ?
Franck Lamamra : Je pense qu’il faut se nourrir constamment. Regarder des films, des œuvres d’art, de la peinture, du dessin… Se concentrer sur des détails lorsque l’on est dehors également sans appareil. Essayer de ressentir les émotions des gens, imaginer ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils peuvent faire dans leur journée, tout cela permet de créer de la narration et de donner corps aux photos.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs ?
Franck Lamamra : Je reviens d’un voyage au Japon. J’aimerais bien réaliser une exposition autour de ce voyage et puis plus tard dans l’année, je prévois de visiter la Norvège. J’aime travailler les photos avec la poésie. Je travaille actuellement sur un troisième recueil de textes et de photos. J’aimerais également un jour faire un livre uniquement de photos.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Franck Lamamra : Pas pour l’instant, peut-être une parution dans Street Photography France !

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