Fabien Olart : L’Art du Noir & Blanc en Photographie de Rue

Découvrez l’univers captivant de Fabien Olart, un talentueux photographe de rue qui a fait du noir et blanc sa signature artistique. Dans cette entrevue exclusive avec Street Photography France, Fabien partage son parcours, ses inspirations et sa vision de la photographie de rue. Explorez son approche unique de la capture de moments fugaces et appréciez le contraste marqué de ses images qui évoquent à la fois la joie et la mélancolie. Plongez dans les coulisses de sa sélection d’images et découvrez ses réflexions sur l’éthique en photographie de rue. Les précieux conseils de Fabien pour les amateurs de photographie cherchant à développer leur propre style sont un véritable trésor.

On pose les questions à Fabien…

Dans cette interview, Fabien Olart partage avec nous son parcours photographique.

 

SPF: Pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant que photographe de rue ? Comment avez-vous découvert cette forme d’art et comment l’avez-vous développée au fil des années ?

Fabien : J’ai découvert la photographie de rue parce que j’ai été attiré, en premier lieu, par la photographie en Noir & Blanc que j’ai découverte à travers deux femmes : Lee Miller et Dorothea Lange. A partir de là, je me suis laissé porter par des photographes comme Sebastiao Salgado ou Steve McCurry pour arriver sur de « purs » photographes de rue comme Henri Cartier-Bresson ou Willy Ronis. C’est ensuite en prenant et reprenant des photos que j’ai commencé à découvrir ce qui me plaisait vraiment et à affûter mon style.

SPF: Votre style de photographie de rue est connu pour son utilisation du noir et blanc et son contraste marqué. Qu’est-ce qui vous attire dans cette esthétique particulière et comment la choisissez-vous pour vos projets ?

Fabien : Je trouve que le noir et blanc donne cette touche à la fois nostalgique et intemporelle et j’ai tendance à prendre au pied de la lettre « noir et blanc » et à oublier parfois les gris… J’aime le contraste entre une ombre d’un noir profond et un sujet qui sera baigné de lumière, je suis le plus heureux lorsque le soleil est bas !

SPF: La photographie de rue est souvent associée à la capture de moments spontanés. Comment vous préparez-vous pour être prêt à saisir ces instants fugaces ?

Fabien : J’aime observer les gens, m’asseoir ou me poser contre un mur et regarder ce qui se passe autour de moi. Mais ce qui va attirer mon regard en premier, ce sera le lieu. Je vais ensuite attendre qu’un personnage s’intègre dans le lieu de la façon dont je l’avais imaginé. Lorsque la scène arrive enfin, c’est à ce moment là que je vais prendre ma photo, et la plus part du temps je ne vais déclencher qu’une ou deux fois. Pour moi, il n’y a pas de spontanéité à proprement dit, j’ai déjà la photo en tête, il faut ensuite qu’elle se présente.

SPF: Pourriez-vous partager des exemples de situations ou de rencontres qui vous ont particulièrement marqué en tant que photographe de rue ? Comment ces expériences ont-elles influencé votre travail ?

Fabien : J’ai la chance de travailler pour l’agence hemis.fr, spécialisée dans la photographie couleur de tourisme et voyage. Voir défiler des photos de Bruno et Tuul Morandi en Inde, Anna Serrano en Turquie, Patrick Frilet aux USA ou encore Reza m’a fortement inspiré. Ma rencontre récente avec Alan Schaller m’a également ouvert de nouvelle perspectives, notamment sur le traitement du noir et blanc.

SPF: Votre travail semble évoquer à la fois la joie et la mélancolie. Comment choisissez-vous les sujets ou les scènes qui évoquent ces émotions dans vos photographies ?

Fabien : C’est assez instinctif, comme je l’ai expliqué auparavant, c’est tout d’abord le lieu qui va décider de ma photo. Ensuite j’attends qu’un personnage s’intègre au lieu. Dans la majorité des cas, je préfère que le sujet soit seul, c’est sans doute cette solitude qui inspire un peu à la mélancolie.

SPF: Parlez-nous de votre processus de sélection des images. Comment choisissez-vous les photos à inclure dans vos séries ou projets, et quel est le rôle de la narration dans votre travail ?

Fabien : Je déclenche très peu (surement mon côté nostalgique et admiratif des photographes qui déclenchent en argentique), la sélection est souvent très vite faite. Pour ce qui est de la narration, j’aime rester factuel en décrivant le lieu de la prise de vue et ce que l’on peut voir, j’essaye de laisser au maximum le spectateur ressentir la photo sans interférer dans son analyse et ses émotions.

SPF: En tant que photographe de rue, comment gérez-vous les aspects éthiques liés à la vie privée des personnes que vous photographiez ? Avez-vous des principes ou des lignes directrices spécifiques que vous suivez ?

Fabien : C’est sans aucun doute ce qui est le plus délicat dans la photographie de rue, de nos jours. Ça peut-être parfois source de frustration pour moi. J’essaye au maximum que l’on ne puisse identifier la personne, en prenant de dos ou en contre-jour, mais il arrive parfois que l’on puisse reconnaître la personne. Je fais en sorte, dans tous les cas que la photo ne soit ni dégradante, ni compromettante. J’évite de prendre des couples ou des enfants si on peut les reconnaître.

SPF: Pouvez-vous partager avec nous un projet ou une série de photographies de rue qui a une signification particulière pour vous et nous expliquer ce qui le rend spécial ?

Fabien : Je n’ai pas de série qui me touche plus qu’une autre. Ce que j’aime surtout c’est m’imprégner de l’ambiance et des rues d’une ville, parfois pendant plusieurs jours, de me sentir à l’aise, en confiance et d’y être comme si j’y habitais. C’est souvent dans ces moments que je suis le plus satisfait du résultat.

SPF: Comment percevez-vous l’avenir de la photographie de rue à l’ère numérique ? Y a-t-il des tendances ou des évolutions que vous observez dans le monde de la street photography ?

Fabien : Les appareils numériques évoluent très vite, ils sont de plus en plus compacts et de plus en plus intelligents. Ils autorisent de plus en plus le confort de ne se préoccuper que du cadrage et de la composition. Combinés avec des logiciels comme Lightroom ou Photoshop pour la post-production, cela laisse la place à de plus en plus de photographies de qualité et à une véritable émulsion chez les photographes.

SPF: Pour les photographes amateurs qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue, quels conseils ou astuces professionnels pourriez-vous leur donner pour développer leur propre style et approche ?

Fabien : Je n’ai pas de conseil particulier pour la photographie de rue, mais plutôt pour la photographie en général. Le premier conseil est de regarder et de s’inspirer des photographes qui vous plaisent, c’est ensuite que vous trouverez votre style. Le second conseil est de prendre et reprendre des photos… d’oser tout simplement. Henri Cartier-Bresson disait « vos 10,000 premières photos sont vos pires », désormais avec le numérique, vous pouvez ajouter un zéro.

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