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Eric Delauné

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SPF :
Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Eric Delauné : J’ai toujours aimé l’espièglerie de la photographie de Doisneau, Cartier-Bresson et surtout Eliott Erwitt.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Eric Delauné : Tout gamin, je trouvais les appareils photo magiques et j’en ai toujours utilisé. Puis, il y a deux ans, suite à l’achat d’un smartphone Leica me permettant d’avoir toujours dans la poche un véritable appareil photo, j’ai retrouvé de l’intérêt pour le « petit théâtre de la rue ».

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Eric Delauné : J’étais étudiant aux Beaux-arts en dessin/peinture, mais je suis autodidacte en photographie. Au fil des années, d’illustrateur/maquettiste au sein d’une agence de communication, je suis devenu photographe de studio et de reportage industriel.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Eric Delauné : Après un Leica CL et un vieil objectif M 50mm f1,4 manuel de 53 ans, j’utilise maintenant un M10R avec ce même objectif, me permettant d’obtenir de soyeux flous de profondeur de champ.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Eric Delauné : J’aime particulièrement les ambiances colorées, la subtilité des nuances, les flous, la richesse des textures… tous ces éléments qui convoquent les souvenirs et qui me rapprochent de la peinture. Je veux prendre du plaisir à composer avec soin, faire la mise au point manuellement, choisir diaphragme et vitesse en fonction du sujet ; comme un peintre travaille son image et figer la scène éphémère dont je ne peux que choisir le cadre.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Eric Delauné : Au début, je ne photographiais qu’en noir et blanc, inspiré par Sergio Larrain, Fan Ho, Phil Penman… et maintenant je m’amuse davantage avec la couleur comme si cela ajoutait un élément de langage, dans le sillage de Saul Leiter, Ernst Haas…

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Eric Delauné : A la nuit tombante tout était gris, un léger crachin et le froid engourdissait la ville : peu d’espoir de photographier en couleur. Pourtant cette vitrine multicolore m’attira. La jeune femme élégante est venue s’inscrire dans le cadre naturellement, avec une robe verte qui l’unifiait au fond. Je n’ai pris qu’une photo où elle était seule. J’aime cette abondance colorée, la géométrie du cadre frontal, simple et sans artifice. Un personnage principal et un décor riche de nuances où l’on peut s’attarder.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Eric Delauné : Nous avons tous le même problème : photographier des gens qui n’ont pas demandé à l’être, voire même, qui s’y opposent !

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Eric Delauné : Rien d’extraordinaire car j’essaie d’être le plus transparent possible, mais il y a quand même quelques rencontres fugaces avec de brèves conversations ou simplement un sourire.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Eric Delauné : Les gens sont, pour nous photographes, juste des personnages et non Madame ou Monsieur untel, on voudrait qu’ils perdent leur identité car cela ne nous intéresse pas. La tentation est donc grande de les photographier de dos, mais les expressions les plus intéressantes sont, bien sûr, celles du visage. Tout ce qui se passe dans la rue est visible de tous et donc photographiable, par contre, je ne fais pas d’image des gens qui semblent malheureux, diminués ou en difficulté.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Eric Delauné : Il y avait une grande place avec pas mal de gens, un bus passe, je cadre les gens sur la place à travers le bus, en utilisant une vitesse lente pour que le bus soit flou. Une fois le bus passé, un des jeunes s’écrit : « il nous prend en photo ! ». Je vois donc une dizaine de jeunes se tourner vers moi et discuter, je reste sur place puisque je n’ai rien à me reprocher. Deux d’entre eux traversent la rue en me disant « vous n’avez pas le droit de nous prendre en photo… on veut voir les photos » je leur explique que le droit à l’image dans une foule n’a pas de sens et que je ne m’intéresse pas à eux mais à l’ensemble du lieu. Les caméras de la ville sont là pour les surveiller, pas moi. Trois autres viennent les remplacer et l’on parlemente. Pour calmer le jeu, je leur montre les photos : le plus drôle c’est que je n’avais pas déclenché, estimant la scène peu intéressante. La prochaine fois, je montrerai les photos pour que la tension retombe de suite, mais j’avoue avoir du mal à céder aux injonctions agressives.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Eric Delauné : Pratiquer beaucoup pour bien connaître son matériel, définir l’objectif fixe qui vous convient le mieux et ne garder que celui-ci, vous pourrez ainsi estimer le cadrage avant même de porter l’appareil à l’œil. Limiter le choix des focales et les réglages de l’appareil permet de réagir plus vite. Votre zoom, ce sont vos pieds. Suivez bien ces conseils, puis oubliez-les, soyez transgressifs, l’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le chemin parcouru !

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Eric Delauné : Observer ce qu’ont fait nos prédécesseurs pour s’en inspirer, puis petit à petit, s’en détacher afin de trouver sa propre écriture : c’est toute l’histoire de l’art en fait !

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Eric Delauné : Tant que j’ai plaisir à photographier, je continuerai. Si je peux partager mes images c’est encore mieux, c’est ce que je fais ici. La recherche, la quête de l’image comme un trésor, l’espoir d’en faire une toujours meilleure, pas pour collectionner mais parce que créer des images est une nécessité pour moi.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Eric Delauné : Le livre c’est l’aboutissement ultime ! Rendez-vous dans quelques années, car il faut beaucoup de bonnes images.

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