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Cyril ONON

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À l’affût de l’Homo Sapiens : la rue comme territoire animal

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Cyril ONON : J’ai commencé à oser prendre des photographies dans la rue sans me soucier de la réaction des passants, en mettant en scène des playmobils dans l’environnement Urbain. Puis via mes voyages, j’ai petit à petit déplacé mon intérêt : je ne souhaitais pas faire des « photos de voyages » de type carte postale. J’envisageait mes déplacements comme des moyens de témoigner de ce qu’il se passait sous mes yeux. Dans cette base-là, c’est naturellement que le reportage et la photo de rue sont venus à moi.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Cyril ONON : Depuis une quinzaine d’années maintenant.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Cyril ONON : J’ai une base autodidacte, puis il y a quelques années, j’ai suivi une formation pour un BEP Photographie à distance.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Cyril ONON : J’utilise un vieux Pentax K5, qui a l’avantage d’être très robuste le plus souvent associé à un 18-55mm. Il m’arrive aussi d’utiliser un 35mm très lumineux. Beaucoup plus rarement, j’utilise un 50-200mm. Je m’accompagne souvent d’un pied, mais de plus en plus, je photographie à main levée pour me sentir plus libre de sentir les mouvements.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Cyril ONON : Mon pentax k5, car je n’ai que lui, et le 18-55mm pour sa polyvalence et son grand angle qui m’autorisent à compléter les plans et les scènes.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Cyril ONON : C’est compliqué de définir son propre style, mais je peux donner ma vision. Mon sujet principal est l’Humain dans ses attitudes et toutes ses dimensions. Je nous rapproche souvent des grands singes desquels nous descendons. Dans cette logique-là, je raisonne souvent comme un photographe animalier qui réaliserai un affût. Je repère un cadre, une scène. Et j’attends le ou la passante idéal(e) pour le cadre. Je me sens comme une sorte de photographe animalier de rue finalement.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Cyril ONON : Bien sûr, je vais citer les maitres du genre, rien de très original : Robert Frank pour la révolution qu’il a apporté, Martin Parr, ou encore Raymond Depardon.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Cyril ONON : Bien sûr, cette photo est une des première qui m’a fait réaliser la portée que pouvait avoir une image.
Nous sommes ici à la sortie du camp d’Auschwitz. Je me retrouve au milieu d’un groupe de Juifs Ortodoxes qui sortent en même temps du camp. L’ambiance est très lourde, je m’agenouille pour prendre un cliché. Cet homme passe à mes côtés, courbé, le pas lourd lui aussi. Son chemin l’éloigne des grillages. Il est attendu par ses compagnons. Je prends ma photo rapidement sans plus réfléchir.
Plus tard, j’y reviens, j’aime l’idée des lignes divergentes qui emportent cet homme loin de ce lieu.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Cyril ONON : Le plus souvent, le défi est avec moi-même, lors de mes « affuts » j’ai une idée de ce que je veux sur mon image ( un mouvement, une couleur, une attitude…) je suis rarement satisfait sur le moment, au point de pouvoir passer beaucoup de temps au même endroit à attendre que la rue me donne enfin ce que j’espère.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Cyril ONON : Un jour, en Ecosse avec un ami a moi, nous sommes dans un cimetière ouvert comme il en existe là-bas. C’est l’hiver et la nuit tombe très tôt. Pour une fois, nous faisons une mise en scène, chose qui ne m’arrive jamais. L’appareil est sur pied, réglé sur des temps de pose longs pour nous figer à plusieurs endroits de l’image, et donc de paraître fantomatique. Il nous faut courir entre plusieurs points afin d’être plusieurs fois sur l’image.
Arrivent un couple de personnes âgées, intrigués par notre manège, qui nous demande ce que nous faisons.
En tant que Français nous nous attendons à un tas de remontrances de l’ordre de : On ne court pas dans un cimetière…
Je tente un : Nous prenons des fantômes en photo. Et sans plus d’étonnement le couple nous demande si on y arrive.
Je leur montre donc les photos sur l’écran de l’appareil, ce qui les a beaucoup amusés.
J’ai réalisé à ce moment-là la différence de perception selon les endroits où l’on se situe.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Cyril ONON : C’est un sujet qui forcément est délicat. Pour ma part, je ne fonctionne jamais caché. J’essaie de me faire discret pour ne pas me retrouver avec des sujets aux allures « forcées » mais quand je réalise mes images, les gens me voient. Dans les rares cas où ils m’interpellent en faisant part d’un désaccord je supprime l’image devant eux. Mais la plupart du temps il sont plutôt agréables voire curieux. Ils me demandent parfois de leur envoyer l’image. Ce que je fais la plupart du temps lorsque l’image est réussie.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Cyril ONON : A aucun moment je me suis senti agressé ou en danger, seulement de rares fois où j’ai pu avoir des remarques désagréables. En revanche, il m’est arrivé dans certaines situations ou endroits de ne pas sortir mon appareil, alors que les sujets étaient vraiment intéressants, car j’ai senti que cela pouvait rapidement être pris comme quelque chose d’intrusif.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Cyril ONON : Soyez curieux, n’ayez pas peur du jugement des autres, amusez-vous surtout !

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Cyril ONON : Tentez des choses, essayez de comprendre comment font les autres photographes quand vous voyez un travail qui vous interpelle et sans essayer d’imiter.Utilisez tout ceci pour créer votre propre identité.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Cyril ONON : Je voudrais continuer à étirer ma série « Homo-Sapiens », tout particulièrement en me déplaçant sur d’autres continents, à commencer par le Japon.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Cyril ONON : Je compte consacrer mon année à ces projets. A commencer par mon investissement dans le tiers lieu fabrique et compagnie, consacré à la mise en avant d’artistes et artisans situés à Pontacq dans le 64.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Cyril ONON : Je suis le collectif depuis quelques mois sur les réseaux sociaux. Et la qualité des propositions ainsi que des photographes qui y sont m’ont encouragé à rejoindre Street Photographie France.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Cyril ONON : Le côté pratique et simple du fonctionnement, et la visibilité qu’apporte le collectif.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Cyril ONON : Je peux participer à faire connaître Street Photographie France et leurs membres via mes réseaux et connaissances, et proposer des tutos.

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