Conversation avec Reza : le pouvoir de la photographie et l’engagement pour la paix

Reza Deghati est un nom bien connu dans le monde du photojournalisme. Né en 1952 à Tabriz, en Iran, il est devenu l’un des photojournalistes les plus respectés et les plus influents de sa génération. Son travail lui a permis de capturer des moments exceptionnels de l’histoire humaine, tout en mettant la lumière sur ceux que le monde néglige et qui vivent des situations difficiles.


Sa carrière de photojournaliste commence en Iran, dans les années 1970. Reza Deghati couvre alors la révolution de 1979 et livre un témoignage aussi rare qu’essentiel de cette époque tumultueuse, bouleversement politique et social majeur. . Sa volonté de témoigner des réalités humaines est née. Elle ne le quittera plus, le poussant, hors des frontières de l’Iran, à sillonner la planète, l’appareil rivé à l’œil.

Reza Deghati est connu pour la puissance de ses photographies et sa capacité à raconter des histoires profondes où s’esquissent le récit des sans-voix. Parmi ses œuvres les plus emblématiques figurent celles prises dans des zones de conflit, en Afghanistan, en Irak, en Bosnie-Herzégovine ou en Afrique. Ses images déchirantes d’enfants, de réfugiés et de victimes de guerre sont devenues des symboles de la souffrance humaine. Rien de voyeuriste dans son travail : Reza ne montre l’horreur de la guerre que pour mieux témoigner de la nécessité de la paix et, en à tout le moins, du besoin d’aide humanitaire.

Reza Deghati est également connu pour son projet « One World, One Tribe », qui célébre la diversité en mettant en lumière les différentes cultures et sociétés du monde. Il a parcouru plus de 100 pays pour documenter leurs mœurs et montrer comment, malgré nos différences, nous appartenons tous à la même tribu humaine.
Outre son travail de photojournaliste, Reza Deghati est un fervent défenseur des droits de l’homme et de l’action humanitaire. Convaincu que la photographie et le journalisme peuvent jouer un rôle crucial dans l’amélioration des conditions de vie des gens à travers le monde, il fonde « Aïna World », en 2001. L’ONG œuvre pour le développement des médias en Afghanistan, aidant les jeunes à devenir photojournalistes et cinéastes. .

La carrière de Reza Deghati a été marquée par de nombreuses récompenses et distinctions, notamment le Prix World Press Photo, l’un des honneurs les plus prestigieux du photojournalisme. Il a également été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO pour son travail en faveur de la préservation du patrimoine culturel et de l’éducation à travers le monde.

Reza Deghati a laissé une empreinte indélébile dans le monde du photojournalisme et de l’action humanitaire. Ses photographies émotionnelles et ses efforts inlassables pour raconter les histoires des personnes marginalisées et opprimées ont inspiré de nombreux photojournalistes et activistes à suivre son exemple. Il a montré comment la photographie peut être un outil puissant pour sensibiliser le public aux problèmes mondiaux et pour susciter un changement positif.

Bien plus qu’un simple photographe, Reza Deghati est un conteur d’histoires, un défenseur des droits de l’homme et un messager de paix. Son acharnement à documenter les réalités humaines douloureuses et sa lutte pour un monde meilleur le placent parmi les géants du photojournalisme, dont l’héritage inspirera, à n’en pas douter, les générations futures.

On pose les questions à Reza…

Notre interview avec Reza nous a permis de comprendre plus en profondeur son engagement envers la photographie en tant que moyen de sensibilisation et de changement, ainsi que son désir continu de documenter les réalités humaines à travers le monde.

Cet entretien a été réalisé et présenté par Ludovic Viévard,
membre de Street Photography France.

 

 

SPF : Pouvez-vous nous expliquer ce que représente pour vous le photojournalisme et la photographie de rue ? Quelle est, selon vous, la principale différence entre ces deux approches photographiques ?

Reza : Ce sont deux pratiques assez différentes mais, dans les deux cas, il faut être un bon photographe. Maîtriser la composition, la couleur, le cadrage… tout ce qui constitue un photographe. Ensuite, c’est l’utilisation de ce cette connaissance qui fait la différence. Dans le cas du photojournalisme, on est en dans la position d’un journaliste : on va effectuer des recherches, on va s’intéresser à un sujet – en rapport à l’actualité ou à autre chose – et, ensuite, on va mettre sa connaissance de la photographie au service de cette information. Ainsi on raconte, comme un journalisme, ce que l’on sent, ce que l’on voit, au moyen de l’image. Dans la photographie de rue, on est aussi photographe, mais on va chercher, selon notre propre filtre, plus personnel, des cadrages, des moments, des regards de tout ce qui est en rapport avec notre âme ou notre cœur. C’est une posture différente du photojournalisme où vous cherchez à transmettre une information par rapport à un événement.

Pour découvrir la suite de notre entretien avec Reza Deghati, commandez dès maintenant notre première édition du magazine.

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