Cécile Chaslin : Instantanés de la vie quotidienne à travers la photographie de rue

Découvrez le parcours de Cécile Chaslin, photographe autodidacte passionnée par la photographie de rue. Dans cette interview, elle partage ses expériences, son matériel, et ses inspirations.

On pose les questions à CÉCILE…

Dans cette interview, Cécile Chaslin partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Cécile Chaslin : Mon envie est partie de cette banale phrase d’un photographe : « Je passe souvent à côté sans la voir. Je commence à vraiment me dire qu’à trop voir mon quotidien, j’en oublie de voir le beau dans ces moments simples. Je me suis toujours juré de ne jamais arrêter de m’émerveiller devant une belle lumière ou un coucher de soleil, et c’est toujours le cas, mais j’en oublie peut-être un peu trop la simplicité des moments du quotidien. »
Mon regard de photographe capte l’instant, la beauté du moment, les couleurs du temps, l’insolite, le merveilleux. Mes clichés racontent des histoires, des lieux, des moments chargés d’émotions.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Cécile Chaslin : Ouh depuis, très jeune, avec mes appareils jetables et mon premier appareil photo compact, où je photographiais un peu tout et n’importe quoi.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Cécile Chaslin : Je suis autodidacte. Aujourd’hui, avec les différents livres, tutos, formations en ligne et surtout les partages avec d’autres photographes, j’apprends beaucoup. Et c’est aussi pour cela que j’ai rejoint Street Photography France.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Cécile Chaslin : Mon boîtier Canon 5D Mark IV avec mon objectif Sigma Art 24-70/2.8. Et parfois mon objectif Canon 50 fixe/1.2.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Cécile Chaslin : Je les adapte en fonction de ce que j’ai envie de faire et photographier (une bonne paire de chaussures, une gourde d’eau) et le plus souvent, mon objectif 24-70/2,8, me permettant de varier mes prises de vue.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Cécile Chaslin : Je ne sais pas et j’avoue ne jamais m’être interrogée sur le sujet. En revanche, je laisse volontiers les personnes qualifier, définir mes clichés.
Pour moi, la photographie de rue est plus candide, plus aléatoire ; je déclenche avec ce que je vois pour immortaliser des moments de vie. Cette photo-là a une valeur sentimentale sublimée par un moment suspendu d’un geste, d’un regard, d’un moment ou d’une lumière ; c’est l’émotion qui prime !

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Cécile Chaslin : En effet, ma source d’inspiration principale est René Burri. Sa phrase illustre bien mon état d’esprit quand je prends des photographies : « Une photo est un moment : lorsque vous appuyez sur le bouton, elle ne reviendra jamais. »
Ensuite, chaque échange, partage avec un photographe m’apporte une inspiration et me pousse à rechercher le cliché qui provoquera de l’émotion.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Cécile Chaslin : Je vous partage cette scène de rue en noir et blanc prise il y a deux ans. Un jour d’été, je suis en train de photographier un entraînement de ski nautique d’un groupe d’adolescents quand ce couple passe devant moi avec le sourire aux lèvres. Tous deux me saluent et continuent leur conversation. Soudainement, l’homme glisse délicatement sa main dans celle de la femme et se rapproche vers elle. Puis comme si de rien n’était, le couple continue leur marche, baigné par la lumière d’une journée bien ensoleillée.

Ce que j’aime particulièrement dans cette scène, c’est surtout cette tendresse qui se dégage de ce couple dans ce cadre entre ombre et lumière et la perspective de cette ligne droite.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontée en pratiquant la photographie de rue ?
Cécile Chaslin : Pour moi, chaque photographie de rue est un défi ; défi de m’approcher des personnes tout en respectant leur intimité afin de garder les émotions et instants précieux, tels qu’ils sont.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Cécile Chaslin : Chaque sortie est un moment mémorable. La rue est d’une grande richesse dans la découverte des gens.
En effet, il y a un moment émouvant ; j’étais dans Paris, côté des Colonnes de Buren. Je cherchais un angle de vue quand j’aperçois dans mon champ de vision des mariés. Le jeune homme portait la jeune femme en robe de mariée pour l’aider à s’asseoir sur une colonne. La scène, la lumière, l’angle, moment parfait pour déclencher lorsqu’une des chaussures de la jeune femme s’échappe de son pied. Le jeune homme ramasse la chaussure pour lui glisser délicatement à son pied ; un moment romantique que je venais d’immortaliser. Une des personnes accompagnant les mariés se dirige vers moi et me demande en anglais si j’avais pu prendre des photos. Elle m’explique que le couple est en voyage de noces et qu’il souhaitait immortaliser leur mariage avant de repartir au Japon. Je leur montre donc les clichés pris et à voir l’enthousiasme procurée, je leur propose d’envoyer les photos.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Cécile Chaslin : Globalement, j’évite de photographier des personnes dans des situations vulnérables ou embarrassantes, je reste bienveillante dans tous mes clichés et ne publie que ceux où l’intimité des personnes est respectée.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Cécile Chaslin : Oui, et celle-ci remonte à bien longtemps ; j’étais encore à l’époque avec mon appareil argentique. J’étais au Maroc et dans les années 90, le tourisme n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui. J’étais dans un petit village à la limite des portes du désert et des bédouins arrivent avec leurs troupeaux de chameaux. Un spectacle splendide avec une magnifique lumière. Comment résister ? J’appuie sur le déclencheur et un des bédouins s’aperçoit que je les ai pris en photo. Il se précipite vers moi et m’arrache mon appareil ; je lui présente mes excuses et essaye de lui expliquer que la photo était uniquement pour moi, mais rien n’y fait, il retire la pellicule. Le guide n’a pas eu le temps de s’interposer et lui expliquer que je ne voulais pas l’offenser et que j’étais photographe, pour tenter de l’adoucir. Le bédouin a fini par accepter mes excuses et m’a proposé de refaire des photos avec lui et son troupeau.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Cécile Chaslin : Avant tout, de connaître les réglages de base de son appareil photo, puis sortir, tester, oser et surtout recommencer tout en se faisant plaisir.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Cécile Chaslin : La rue est un immense laboratoire où nous pouvons nous permettre de tout photographier ou presque. Expérimenter au maximum les différents angles de vue, les reflets, les contrastes… tout en restant ouvert au moment présent et surtout ne pas hésiter à sortir de sa zone de confort.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Cécile Chaslin : Mon objectif est de continuer à progresser tout en augmentant la visibilité de mon travail, entre autres à travers les différentes expositions à venir en cette fin d’année.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Cécile Chaslin : Oui, finaliser l’exposition de cette fin d’année et rester ouverte à de nouvelles opportunités, collaborations dans le domaine de la photographie de rue. Sans oublier le magazine Street Photography France et peut-être d’autres.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Cécile Chaslin : Instagram.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Cécile Chaslin : Je fais partie du collectif depuis peu et je n’ai pas encore eu le temps d’échanger avec les autres membres. J’attends d’y trouver de futures rencontres enrichissantes. Hâte de faire connaissance avec la communauté !

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Cécile Chaslin : Pour compléter ce qui est déjà mis en place par la communauté, des sorties, week-ends à thèmes pour faciliter les échanges et apprentissages. Monter une exposition dans une galerie ou autre avec les membres de la communauté.

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