Augustin Pasquini dans le Métro : Entre Regard et Réaction
Dans son projet photographique, Augustin Pasquini se confronte à l’intimité des passagers du métro parisien, un espace où l’individualité et l’anonymat coexistent. Ses images, profondément humaines, capturent des moments de tension, d’interaction ou de refus entre le photographe et les personnes qu’il immortalise. L’une des photos montre une main tendue, comme pour empêcher l’objectif de saisir un visage, tandis que d’autres images révèlent des regards directs, désabusés ou neutres, qui disent beaucoup sans mots.
Le métro, lieu de passages et d’anonymat, devient ici le théâtre d’un face-à-face intime entre le sujet photographié et le photographe. Dans cette série, chaque image semble poser la question du droit à l’image. La première photographie, par exemple, où une personne refuse clairement d’être capturée, met en lumière la limite entre ce que nous acceptons de montrer et ce que nous souhaitons cacher. C’est le refus physique, le geste, qui devient alors le sujet principal. D’autres passagers, en revanche, semblent accepter la caméra, s’y résignant ou l’ignorant.
« J’aime l’idée de faire se questionner mon audience. S’agit-il d’un véritable projet de photo de rue ? Les sujets sont-ils au courant ? Ont-ils donné leur consentement ? J’ai voulu poser la question de l’évolution de cette pratique à notre époque. Comment articuler les problématiques modernes liées au droit à l’image, et ces documentaires sauvages, que sont les reportages de photo de rue ? Il me semble que la documentation de notre quotidien reste primordiale pour les générations futures. Cependant, la photo de rue, la “street photography”, se doit d’évoluer avec son époque. Me jouer de mon audience, brouiller les pistes, transformer de la photo de rue vers une pratique artistique qui dépasse son cadre d’origine, permet peut-être de poser ces questions de manière pertinente. Si mon projet n’apporte pas de réponse tranchée à ces problématiques complexes, mêlant légal et éthique, droit à l’image contre droit d’auteur, j’aime à croire qu’il aidera à poser ce débat. » Augustin Pasquini
