Au Cœur des Villes : Philippe Jouillat, Chroniqueur Visuel de la Vie Urbaine
Philippe Jouillat, membre de Street Photography France, nous emmène dans son voyage à travers les rues animées des villes, où chaque coin de rue peut révéler une histoire visuelle unique. Découvrez comment il a découvert sa passion pour la photographie de rue, les défis qu’il relève et les conseils qu’il partage avec les débutants. De plus, plongez dans le monde de la créativité en photographie de rue et explorez les expériences mémorables qui ont marqué son parcours. Philippe nous dévoile son équipement préféré, son style, ainsi que des clichés inoubliables accompagnés de leurs histoires captivantes. Une immersion dans l’univers fascinant de la photographie de rue vous attend.
On pose les questions à Philippe…
Dans cette interview, Philippe Jouillat partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Philippe Jouillat : J’ai découvert la photo de rue à travers un livre sur le travail de Saul Leiter, trouvé chez un bouquiniste à Montréal, ville dans laquelle je vivais à la fin des années 80. Quelques jours plus tard, je me suis procuré un Minox 35 GT et j’ai commencé à faire des photos dans les rues de Montréal pendant quelques années. En rentrant en France, j’ai pratiqué la scénographie et créé des installations d’Art Contemporain, abandonnant la photo jusqu’en 2012. Pendant et après un long périple en Russie, principalement en Sibérie (2012-2015), j’ai retrouvé le goût de capturer des images et raconter de courtes histoires picturales. Depuis 2020, je me consacre entièrement à la photographie.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Philippe Jouillat : J’ai commencé à faire des photos de rue avec un Minox 35 GT il y a de nombreuses années, mais j’ai vraiment repris sérieusement la photographie de rue en 2012, après mon périple en Russie. Depuis 2020, je me consacre entièrement à cette forme de photographie.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Philippe Jouillat : Je suis autodidacte en photographie, un éternel étudiant. J’ai appris en pratiquant et en étudiant le travail de maîtres dans d’autres domaines artistiques, comme Saul Leiter, Jannis Kounellis et Cy Twombly.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Philippe Jouillat : Actuellement, j’utilise un Ricoh GR III avec un objectif de 28 mm et un iPhone 13 Pro. J’ai commencé avec un Minox 35 GT, mais au fil du temps, j’ai choisi mon matériel en fonction de critères tels que la qualité des images, l’encombrement et le poids.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Philippe Jouillat : Mon équipement préféré pour la photographie de rue est le Ricoh GR III (28mm). Il est compact, léger et offre une excellente qualité d’image. Il m’accompagne partout, sauf sous la douche. J’ai choisi cet appareil car il me permet de me concentrer sur le travail de l’œil et du cœur, en abolissant les notions techniques. Je shoote la plupart du temps en automatique avec un réglage de la distance.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Philippe Jouillat : Je ne pense pas avoir un style unique en photographie de rue. J’ai plusieurs styles, et chaque jour est différent. J’erre dans les villes, observant les scènes qui se déroulent autour de moi, posé à la terrasse d’un café, assis à un arrêt de tram, attendant qu’une image se construise. Je cherche à être discret et à ne pas perturber l’espace environnant mes sujets.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Philippe Jouillat : Saul Leiter a été l’instigateur de mon entrée en photographie de rue. J’ai été inspiré par sa grande liberté dans le cadrage et son utilisation des couleurs. Je trouve également de l’inspiration dans les peintures de Cy Twombly, qui m’ont montré la liberté dans le cadre.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Philippe Jouillat : Je peux partager deux de mes photos préférées et raconter leurs histoires :
La première a été réalisée avec mon Ricoh GR III. C’était la première photo que j’ai prise avec cet appareil, à Nantes. Je me dirigeais vers un grand escalier menant sur le boulevard des 50 otages. En arrivant au bord de l’escalier, j’ai vu deux personnes déboucher des marches, et j’ai pensé à la Coupe du Monde de Rugby en voyant la position des mains du prêtre. J’ai appuyé sur le déclencheur, capturant un moment amusant.
La deuxième photo a été réalisée avec le même appareil à Nantes. J’ai attendu pendant une demi-heure que l’image se compose, avec une femme à vélo entrant dans le cadre et un homme à gauche sortant. Cette attente a abouti à une scène dynamique devant un graphique aux couleurs soutenues.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Philippe Jouillat : Tout est un défi en photographie de rue. Il faut être au bon endroit au bon moment, capturer la scène attendue sans que le cadre soit perturbé, être rapide pour saisir l’instantané souhaité. Le timing, le cadrage, la mise au point, et surtout, le sentiment que la photo est la bonne, sont des défis constants.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue en faisant de la photographie de rue ?
Philippe Jouillat : Je pourrais remplir une page avec des expériences mémorables en photographie de rue. Chaque sortie est remplie de moments mémorables, que ce soit une scène inattendue ou une interaction avec un sujet. C’est ce qui rend la photographie de rue si captivante.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Philippe Jouillat : Je veille à être respectueux de la vie privée des sujets lorsque je fais de la photographie de rue. J’essaie de rester discret, de ne pas perturber l’environnement des personnes que je photographie. Si nécessaire, je demande la permission de prendre une photo. Le respect est essentiel en photographie de rue.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Philippe Jouillat : Oui, j’ai eu des situations délicates en photographie de rue, comme tout photographe de rue. Dans ces situations, je reste calme, explique mon intention, et si nécessaire, je supprime la photo. La communication et le respect sont clés pour gérer ces situations.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Philippe Jouillat : Je conseillerais aux débutants en photographie de rue de pratiquer régulièrement, d’observer leur environnement, d’être patients et de développer leur sens de l’observation. La photographie de rue demande de la pratique et de la persévérance.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Philippe Jouillat : Pour développer sa créativité en photographie de rue, je recommande d’explorer différents styles, d’étudier le travail de maîtres de l’art, et de sortir de sa zone de confort. Soyez ouverts à de nouvelles idées et perspectives.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Philippe Jouillat : Mes projets futurs en photographie de rue sont de continuer à explorer les villes, à capturer des moments uniques et à raconter des histoires visuelles. J’aimerais également partager mon travail à travers des expositions ou des publications.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Philippe Jouillat : Je suis ouvert à l’idée de participer à des expositions ou des publications à l’avenir, mais pour le moment, je me concentre sur la création de nouvelles images en photographie de rue.
