Alessandro Bocchi : La rue en toute authenticité
On pose les questions à Alessandro…
Dans cette interview, Alessandro Bocchi partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Alessandro Bocchi : Passionné de photographie depuis toujours, j’ai découvert la photographie de rue à travers les livres des grands maîtres et grâce aux blogs de photographie en ligne.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Alessandro Bocchi : J’ai commencé à faire de la photographie de rue en 2016 dans les rues de Milan, la ville où je vis.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Alessandro Bocchi : Je suis un photographe autodidacte. J’ai commencé par étudier les livres des grands maîtres de la photographie de rue et plus tard, après avoir acquis une certaine pratique, j’ai participé à deux ateliers, un à Milan et un au Mexique.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Alessandro Bocchi : J’utilise uniquement un appareil photo compact Fujifilm X70 avec un objectif fixe 18.5mm.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Alessandro Bocchi : Mon matériel préféré pour la photo de rue est le plus discret possible, léger, de poche et qui passe inaperçu lorsque je suis dans la rue. Je préfère les objectifs de 18,5 mm en raison du champ de vision couvert et parce que mon œil s’est désormais habitué à cette distance focale.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Alessandro Bocchi : Straight avec la grippe old school. Je photographie directement dans la rue et garde le niveau de post-production des photographies extrêmement bas.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Alessandro Bocchi : Je m’inspire principalement de certains des grands photographes de rue comme Garry Winogrand, Stephen Shore, Lee Friedlander, Joel Meyerowitz.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Alessandro Bocchi : J’ai pris cette photo dans les rues de Milan. C’est une photographie dans laquelle humanité et modernité se rencontrent tout en restant dans un contraste saisissant. Au centre de la scène se trouve un jeune couple enlacé. Cela ressemble à une étreinte symbolique contre le chaos urbain qui les entoure, un moment de connexion dans une ville qui avance sans relâche. À mon avis, le message qu’apporte cette photographie est d’inviter les gens à trouver encore des moments pour s’arrêter, se regarder dans les yeux et se sentir présents dans un monde dominé par la technologie et la vitesse.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Alessandro Bocchi : Photographier dans la rue est en soi le véritable défi ! Vous quittez la maison, avec votre appareil photo, et vous laissez surprendre par ce que la scène imprévisible de la rue a à vous offrir ce jour-là. Vous essayez toujours de faire de votre mieux pour « capturer » les instants du quotidien qu’offre la rue. Le défi pour moi est de raconter, à travers des photos, ces objets, ces moments et ces interactions auxquels les gens prêtent peu d’attention, dans le but de les rendre spéciaux.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Alessandro Bocchi : Je ne me souviens pas exactement quel jour c’était, j’étais dans la rue en train de prendre des photos et en 3 heures de photographie je n’avais pas réussi à prendre une bonne photo. Il ne semblait y avoir aucun moyen ce jour-là, il n’y avait pas de situations intéressantes, il y avait très peu de monde et étant donné la situation, j’étais sur le point de rentrer chez moi. À un moment donné, alors que je marchais, mon attention a été attirée par un autocollant collé sur un panneau routier indiquant « confiance ». Je ne sais pas, la vue de ce panneau m’a redynamisé et peu de temps après j’ai pris une de mes photos préférées.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Alessandro Bocchi : Je pense que pour photographier dans la rue, il faut toujours avoir un peu de bon sens et d’empathie envers les gens que l’on rencontre. En tout cas, je ne vois aucun problème à photographier des sujets. Si l’on y réfléchit, photographe de rue ou non, les nombreuses images que l’on voit sur les réseaux sociaux mettent en scène des personnes étrangères à celui qui prend la photo et parfaitement reconnaissables.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Alessandro Bocchi : Oui, une fois. J’étais avec mon ami photographe Gianni Ranuio et pendant que nous photographiions un marché abandonné à Milan, dans une banlieue « difficile », deux hommes aux manières peu amicales nous ont approchés. Ils pensaient que nous les filmions alors qu’en réalité notre objectif était de photographier le marché. Nous avons rapidement expliqué notre démarche et, une fois rassurés, ils nous ont même avoué qu’ils pensaient que nous étions des journalistes d’une célèbre émission italienne.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Alessandro Bocchi : Je recommande d’étudier les grands photographes, de passer le plus de temps possible dans les rues à prendre des photos afin d’affiner sa technique et son œil, et surtout de trouver son propre style.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Alessandro Bocchi : Comme le disait le grand Garry Winogrand : « All things are photographable », alors photographie tout ce que tu trouves intéressant !
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Alessandro Bocchi : J’ai plusieurs projets photographiques que je mène depuis quelques années, certains développés avec mon ami photographe Gianni Ranuio, avec qui nous avons récemment fondé un collectif de photographie : le Collettivo Indipendente.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Alessandro Bocchi : Oui, j’adorerais !
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Alessandro Bocchi : Mon ami et photographe Gianni Ranuio m’a parlé de vous et après avoir consulté votre site, j’ai décidé de faire partie de Street Photography France.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Alessandro Bocchi : Faire connaître ma photographie à un public de plus en plus large.

